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  • Une héroïne dans l’ombre (suite2)

    Il pleuvait ce matin-là sur la capitale. Toutes les rues étaient inondées. Les passants, parapluies en mains ou sachets en plastiques sur la tête, marchaient en sautant des flaques d’eau boueuses et interminables sur des voies en terre mal entretenues. Dans les caniveaux non couverts, qui n’avaient jamais été curés depuis les départs des colons, l’eau débordait et emmenait toutes les immondices et les matières fécales que les Sachantais y jetaient à chaque fois que la pluie tombait de jour comme de nuit. Et les odeurs ! Les odeurs pestilentielles planaient pendant des jours et des jours, empoisonnant l’atmosphère, ce qui donnait à la capitale le surnom de Sashanti, la poubelle.

    Comme s’était dimanche, la plupart des habitants s’étaient terrés chez eux en ce jour dominical. Souvent c’était une bonne occasion de faire la grasse matinée, bercé par la « musique » douce des gouttes de pluie tombant sur les toits en tôles ou des fenêtres en vitres. A Sashanti, les gens n’étaient pas aussi croyants que dans les provinces pour se rendre obligatoirement à l’église.

    Le cadet de la tante de Ndaya, un petit garçon d’une dizaine d’années se réveilla vers six heures, poussé par un besoin pressant de se rendre aux toilettes. Il tourna rapidement la clé dans la serrure, tira sur les cales et hop une petite course sous les cordes de pluies, vers les toilettes, derrière la maison. Lorsqu’il poussa la porte, il se retrouva devant une forme humaine endormie dans le coin. Pris de panique, il rebroussa chemin en criant : « Une personne dort dans les toilettes, maman, maman ! ». Alertée par les cris de l’enfant, toute la famille sortit en courant, le père en tête.

    Ndaya se réveilla du même coup et se frotta les yeux. Elle voulut sortir des toilettes, mais fut arrêtée dans son mouvement à la vue de la pluie qui tombait maintenant en rafales dehors. Juste en ce moment, apparut son oncle, le mari de sa tante, suivi de sa fille aînée avec qui Ndaya était sortie la veille au soir. « Qu’est-ce que tu fais là à cette heure, toi ? » lui demanda-t-il, étonné. Avant que Ndaya n’ait répondu, sa cousine expliqua à son père tout ce qui s’était passé la veille. Alors, il demanda à Ndaya si elle avait retrouvé la perruque. Mais en voyant la mine qu’avait celle-ci, il n’insista pas et lui indiqua la direction de la maison.

    Lorsque l’oncle se retourna, il se trouva, nez à nez avec son épouse. " Cette fille est très impolie et mal éduquée." commença-t-elle "Comment peut-elle avoir le courage d'échanger ma perruque sans ma permission ? Tant qu’elle ne me l’a pas ramenée ici, elle n’entrera plus dans ma maison ! " Conclut-elle. Mais la cousine prenant sa défense, réagit sèchement : « Maman, elle n’a pas fait express ; elle a tout simplement oublié de reprendre la perruque. D’ailleurs, ce n’est pas elle qui avait commencé, mais plutôt l'autre qui voulait un peu l'essayer ! » Mais sa mère en colère lui cria : « tu la boucles ! ».

    L’oncle qui, jusque-là n’avait pas parlé, fit remarquer à sa femme que Ndaya était la fille de sa sœur. « Peut-on jeter un enfant dehors pour une histoire de perruque ? » lui demanda-t-il calmement. Alors, la tante, perdant tout contrôle, demanda à son mari : « Où est ton problème là dedans ? Cette fille est devenue ta concubine ou quoi ? Pourquoi prends-tu ainsi sa défense ? De toutes les façons, ma décision est prise. Pas de perruque, plus de séjour chez moi ! ». Elle se tourna sur ses talons et rentra dans la maison.

    Finalement, Ndaya, impuissante, demanda à sa cousine de lui apporter une robe afin de se changer. Elle enleva la perruque qu’elle portait encore sur la tête et la remit à sa cousine. « Je ne pourrai pas retrouver cette fille-là ; tu le sais bien. Garde quand même sa perruque. On ne sait jamais. Elle se débarbouilla le visage et nettoya la bouche au robinet qui trônait dans le coin de la parcelle sous les yeux de ses cousins et de son oncle. Lorsqu’elle eut terminé, Elle demanda à sa cousine de lui remettre quelques effets personnels dans un sachet pour pouvoir se changer au cas où elle ne retournerait pas à la maison. Ensuite, elle prit la direction du portail de la parcelle. Sa cousine, prise de pitié, voulut la suivre, mais fut arrêtée dans son élan par sa mère qui lui intima l’ordre de ne pas la suivre. Ndaya tira sur le portail de la parcelle, l’ouvrit lentement et s’en alla comme une vulgaire voleuse. Ses empreintes furent rapidement englouties par l’eau de pluie. (A suivre)

    Lumbamba Kanyiki

  • Une héroïne dans l'ombre (Suite)

    Il faisait très sombre dans la fourgonnette de la police sans fenêtres. Lorsque Ndaya y fut jetée, elle tomba sur d’autres corps, assis pêle-mêle sur le plancher du véhicule. Un des policiers alluma sa lampe-torche à la recherche de la nouvelle venue qu’elle reconnut très vite. « Eh toi, montre tes papiers ! » Ndaya lui répondit qu’elle n’en avait pas. Il s’approcha d’elle et lui assena une forte gifle dans la joue. Elle vacilla, perdit l’équilibre et tomba sur les jeunes garçons assis derrière elle. La lampe-torche s’éteignit de nouveau.

    Des longues minutes s’écoulèrent et la fourgonnette roulait toujours. Bientôt, elle s’arrêta et les policiers commencèrent à sortir, un à un, les jeunes qu’ils avaient arrêtés et les emmenèrent au cachot du commissariat ; seule Ndaya resta derrière la fourgonnette. Les policiers revinrent quelques instants plus tard, refermèrent les battants et le véhicule repartit. Les quatre murmuraient et parlaient en code pour que Ndaya ne comprît ce qu’ils disaient.

    Comme ils l’avaient laissée tranquille, prise de fatigue, elle s’endormit aussitôt, adossée à la paroi de la fourgonnette. Un coup de pied à la jambe gauche la réveilla brutalement. Aussitôt deux mains très fortes la souleva du plancher et l’entraîna au dehors.

    Un vent frais la frappa comme une gifle. Tout était noir autour d’elle mais elle entendait les clapotis de l’eau s’écrasant aux rochers, ce qui mit tous ses sens en éveil. Lorsque ses yeux s’habituèrent à l’obscurité, elle constata avec surprise que, effectivement, elle se trouvait au bord du fleuve Nzadi. Les reflets de la lumière des réverbères au loin sur la surface d’eau amenaient un peu d’éclairage. Le vent soufflant sur le fleuve roulait les nuages grisâtres au-dessus des cimes des arbres. Ndaya se retourna cherchant ceux qui l’avaient emmenée là de son regard perdu. Ils étaient là, cinq silhouettes qui l’observaient avant les dernières explications.

    Les ayant aperçus, elle comprit que son heure était arrivée. Lorsqu’elle était chez ses parents, au pays des Bashilang, elle entendait toujours son père commenter les informations qu’il entendait à sa radio qu’il écoutait chaque soir. Elles faisaient état, presque chaque semaine, des cadavres qu’on retrouvait soit aux bords des routes, soit aux bords du fleuve, soit jetés dans des caniveaux. Certains décapités, éventrés ou les sexes arrachés. Alors, il disait sans cesse : « Sashanti est un enfer. Il ne pouvait en aucune façon accepter de vivre dans un endroit comme celui-là, où on tue gratuitement ». Mais jamais, elle ne pouvait s’imaginer qu’un jour, elle allait se retrouver dans la même situation. Les mains levée au ciel, elle se mit à monologuer dans sa langue:

    « Hei, Mundi wa Ngandu, nkadi mfua, nshiya muan’anyi kayi mukole.
    Mundi wa Ngandu, nkadi ndua kufua mu tshisuku bua perruque.
    Perruque umvua tshiyi mulombe,
    Mundi wa Ngandu, kua kumona tshitalu tshianyi.
    Ntumba wa Kabongo, mamu wanyi musuibe
    Nkadi mfua ne buana buanyi bonso!
    Kuakummona kabidi!
    Mvidi Mukulu wa Tshiame, Maweja nangila, angata moyo wanyi »

    L’un des policiers vint lui asséner une gifle très violente sur la joue. « Tais-toi, pute ! Remonte ta sale robe et descends vite ta culotte pour ton dernier plaisir ! » Ndaya ne pleura pas. Elle tomba sur ses genoux, les bras tendus vers son assaillant, implorant sa pitié. A ce moment, un des policiers sauta du lieu où il se trouvait et vint s’interposer entre son collègue et Ndaya. « Assez », cria-t-il « Vous ne comprenez pas ce qu’elle est en train de dire. Cette fille est de chez moi, de Bashilang. » Alors, il se mit à leur traduire ce qu’il venait d’entendre du monologue de la jeune fille. « Elle dit qu’elle va mourir pour une perruque. Elle parle aussi de ses parents et de son enfant qu’elle ne verra plus grandir. Alors, Arrêtez ! Cette gamine est, peut-être, une parente à moi ». Les autres protestèrent et ne voulurent pas le comprendre. « Tu vois ? Maintenant qu’il s’agit d’une fille de chez toi, tu veux intervenir pour que nous la laissions tranquille. Pourquoi ne l’as-tu pas fait avec les autres ? »

    Pour toute réponse, le policier Mushilang (oui, appelons-le ainsi) prit Ndaya par le bras et, la faisant passer devant lui, s’adressa aux autres: « Avant de faire tout ce que vous voulez avec cette gamine, vous devez d’abord me tuer ». Lorsqu’il arriva avec elle à la fourgonnette, elle la fit monter dans la cabine, contourna la fourgonnette par devant et s’installa au volant. Quelques instants plus tard, il entendit les autres policiers s’engouffrer dans la fourgonnette et donner le départ.

    Il faisait environs trois heures du matin lorsqu’ils quittèrent le bord du fleuve. Ils roulèrent ainsi pendant une quinzaine de minutes dans un silence complet. Ce fut le policier chauffeur qui brisa, le premier, le silence : « qu’est-ce que c’est que cette histoire de perruque ? » demanda-t-il à la jeune fille, d’un ton curieux. Ndaya commença à lui raconter de la préparation de la fête, de la fête, elle-même, des échanges des perruques avec l’inconnue et l’oubli de la récupérer, etc…jusqu’au moment où sa tante l’avait renvoyée pour la chercher.

    Lorsqu’elle termina son récit, elle fondit en larmes, la tête entre les mains, ne comprenant rien à ce qui lui arrivait. Le chauffeur, très touché, ne manifesta aucune émotion apparente. Sous la lumière des routes, Ndaya pouvait, par moment, l’observer furtivement. C’était un homme dans la trentaine. Une casquette de policier enfoncée sur la tête laissait apparaître des cheveux de style Afro. Il était d’une stature de boxeur avec ses biceps saillants et des bras musclés qui tournaient le volant avec aisance. Ndaya se dit intérieurement que, sans sa tenue grise de policier, il devait être très beau. Son sauveur.

    Lorsque la fourgonnette arriva à l’endroit où les policiers l’avaient embarquée quelques heures plus tôt, le policier chauffeur lui demanda où elle habitait. Ndaya lui indiqua l’avenue. « Tu peux maintenant partir. J’attends jusqu’à ce que tu entres dans la parcelle. Plus jamais, tu n’oseras te traînailler sur la route à des heures tardives de la nuit. Allez, va !» Ndaya lui dit merci avec deux mains jointes sur la poitrine comme pour une prière et sortit de la fourgonnette. Elle courut du mieux qu’elle put jusque dans la parcelle de sa tante. Arrivée devant la porte, elle tambourina, avec force, sur la porte en criant: "Ouvrez-moi vite, s'il vous plaît!" Quelques secondes plus tard, la tante ouvrant la porte d'un mouvement sec, se planta, le bras croisés, devant Ndaya: « Tu as ramené ma perruque ? » lui demanda-t-elle. Ndaya voulut lui expliquer du danger auquel elle vient d’échapper. Mais sa tante resta de marbre. « Je t’ai dit que tu n’entreras pas dans ma maison sans ma perruque ! ». Elle claqua la porte au nez de la jeune fille qui fondit de nouveau en larmes. Ndaya passa le reste de la nuit derrière la maison, dans la toilette. (A suivre)

  • Une héroïne dans l'ombre

    Ndaya était d'une beauté rare. Sa peau d'ébène lisse brillait au soleil et ses rondeurs de guêpe n'étaient en rien affectées par une maternité précoce. Lorsqu'elle se mouvait en balançant innocemment ses hanches de dix-sept ans, tous les regards mâles se tournaient vers elle avec admiration. Par contre les filles de son quartier étaient très jalouses. Lorsqu'elle avait décidé de quitter son mariage où elle était troisième femme, elle ne pouvait plus sortir de la maison parentale pour, ne fut-ce que faire un tour dans le quartier ou aller au marché. Car, les autres filles se moquaient d'elles sur son passage.

    Un jour, elle dit à son père: "Père, j'ai suivi tes conseils. Je me suis mariée. Je viens de divorcer avec un enfant sur les bras. En tant que fille-mère, les chance d'un deuxième mariage sont très minimes dans cette région. Je voudrais bien, avec ta permission, me rendre à Sashanti, chez ma tante. Peut-être, y trouverai-je l'homme de ma vie." Puis, elle se tut un moment, attendant la réaction de son père. Celui-ci le regarda tranquillement, sans rien dire. C'est que le problème de Ndaya travaillait beaucoup le pauvre homme. Ndaya était sa première fille, aînée d'une famille de neuf enfants, quatre filles et cinq garçons. Le pauvre paysan avait pensé à l'époque tirer profit du mariage de sa fille avec un riche diamantaire qui avait plusieurs immeubles, une entreprise de transport et un hôtel-bar. Mais hélas! Fermant les yeux, il revoyait cette nuit où sa fille enceinte, vint, sous une pluie battante, frapper à sa porte pour y chercher refuge. Trempée jusqu'aux os et grelottant comme une poule mouillée, elle était incapable de raconter à ses parents ses déboires du foyer à quatre. Quel que fût ce qui s'était passé, le père avait décidé de ne plus laisser sa fille, son premier sang, retourner chez cet homme, si riche fût-il. Quelques mois plus tard, Ndaya donna naissance à un petit garçon qu'elle nomma Mundi...

    Lorsque le père rouvrit les yeux après ce long silence, il dit à sa fille: "Ma fille, ton problème me préoccupe beaucoup. J'ai déjà eu tort en te mariant très jeune à cet homme qui était déjà marié. Je n'aimerais pas commettre une deuxième faute. Si telle est ta volonté de te rendre chez ta tante, à Sashanti, je ferai le nécessaire. Je vendrai mes chèvres pour te payer ton voyage par train. Mais tu me jureras une chose: Tu ne tomberas pas dans la prostitution, quoi qu'il arrive!" Ndaya, prise d'une joie inattendue, répondit à son père: "Je le jure, père!". Les préparations du voyage se firent dans la discrétion la plus totale. Ndaya prit son train à la gare de Bashilang un soir du mois de mars, laissant son fils d'à peine un an dans les bras de sa mère. Tous l'embrassèrent en pleurant avant qu'elle monte dans le train. Si tôt entrée, elle fut happée dans le wagon bondé de passagers, entassés les uns à côté des autres. Le train, donna un dernier coup de sifflet lugubre. Les vieux wagons gémirent dans un grincement des ferrailles, emportant Ndaya vers cette terre inconnue où elle avait pris rendez-vous avec son destin.

    Trois mois s'écoulèrent sans incident chez sa tante, petite-soeur de sa mère. C'était une femme , pas très belle, mais de stature imposante, une mastodonte qui dominait sur toutes ses quatre filles et son mari, un bout d'homme trapu qui lui arrivait presque à la hanche. Mais à la différence de sa femme, il était d'un coeur d'ange, incapable de faire du mal à une mouche. Il travaillait comme cuisinier dans un restaurant de la place. C'est, sûrement, la raison pour laquelle il était souvent absent de la maison. Lorsque Ndaya arriva chez lui, munie seulement d'un brevet de cycle d'orientation, il la conseilla de faire neuf mois de coupe et couture dans un centre de formation de la place. En effet, à dix-sept ans, le temps de continuer le cycle normal était déjà passé, lui avait-il dit. Comme l'année scolaire avait déjà débuté, il lui fallait attendre la prochaine session qui allait démarrer six mois plus tard, au mois de septembre. Ndaya ne put atteindre cette échéance chez sa tante. Car, les événements se passèrent autrement et de façon dramatique.

    Un samedi soir, Ndaya devait accompagner sa cousine qui avait presque même âge qu'elle à une fête. Cette dernière lui prêta l'une de ses belles robes de soirée et la maquilla. La tante lui prêta aussi sa perruque "afro"qu'elle portait rarement. Ndaya ne se reconnut pas lorsqu'elle se contempla dans le miroir que tenait sa cousine devant elle. "Tu es belle et ravissante comme une star américaine", lui dit sa cousine avec une pointe de jalousie dans la voix. "Tous les regards ne seront que pour toi, ce soir! Tu vas nous voler la vedette!

    Effectivement, lorsque les deux filles entrèrent dans la salle, les sifflements et les cris d'admiration fusèrent de partout. Les amis de la cousine accoururent et voulaient mieux connaître la nouvelle venue, belle comme une âme du bon Dieu. "C'est ma cousine; elle s'appelle Ndaya" leur répondait-elle sans plus. Et tous ces regards et marques de sympathie rendaient Ndaya encore plus timide, elle, cette "Mowuta" (habitante d'une province!) qui prenait part, pour la première fois, à une fête dans Sashanti, la capitale de Nzadi, grand pays du grand fleuve! N'ayant pas la maîtrise du lingala, la langue parlée dans la capitale, elle répondait toujours par des phrases courtes du genre: "Sango te!, Kombo na ngai Ndaya, merci mingi" et ajouter un peu de français.

    La fête commença enfin. Ndaya fut entraînée sur la piste par un jeune homme très élégant dans un abacost de superwax fleuri. Bien que timide au début, elle n'eut aucune difficulté à adapter ses pas sur ceux de son cavalier. En effet, elle dansait à merveille. Après environs trois heures de danses et de rires, les filles se retirèrent dans les toilettes pour se refaire leur beauté. C'est en ce moment que l'une des filles s'intéressant à Ndaya, lui retira sa perruque qu'elle essaya sur sa tête. Elle lui allait très bien, épousant les contours de son visage comme ses propres cheveux. Attirée par la même curiosité, Ndaya prit aussi la perruque de la fille qu'elle avait déposée sur le lavabo et l'enfonca sur sa tête. Celle-ci était lisse, de type européen. Lorsque Ndaya se regarda dans le miroir, elle émit un petit soupir de satisfaction et se fit un clin d'oeil.

    Tout à coup, quelqu'un frappa à la porte de la toilette. C'était son cavalier qui voulait que Ndaya l'accompagne sur la piste. "Fais vite, Ndaya! Mon morceau préféré risque de passer sans que j'aie dansé avec toi"lui cria-t-il. Ndaya courut après lui sur la piste, haussant le bas de sa robe sur les genoux pour ne pas tomber, dévoilant, en même temps,des longues jambes bien bâties. Aussitôt sur la piste, elle se glissa dans ses bras. Son corps souple épousa le sien, la tête couchée sur sa poitrine musclée et les bras noués autour de son cou dans un slow à couper le souffle. Ils dansèrent longuement, très longuement même, les slows se succédant les uns après les autres. Ils ne se rendirent même pas compte que tous les couples s'étaient retirés de la piste, tellement ils étaient concentrés comme transportés dans un autre monde, un paradis quoi!

    Le temps passa très vite et la cousine oublia l'heure limite que lui avait donnée sa mère. Lorsqu'elle jeta un coup d'oeil sur sa montre, elle cria à Ndaya: "Oh nous devons rentrer très vite; si non, nous aurons des problèmes sérieux avec ma mère." Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux filles dirent rapidement au revoir à leurs amis et se mirent à courir sur la route de retour comme des folles.

    Il faisait environ une heure lorsqu'elles arrivèrent à la maison. Malheureusement, ce fut la mère qui vint leur ouvrir la porte lorsqu'elles s'annoncèrent. "Pourquoi vous rentrez si tard? Qu'est-ce que je vous avais dit? Quelle heure fait-il maintenant?" Et avant que les filles n'aient placé un mot, elle se tourna vers Ndaya: " Où est ma perruque?" Celle-ci toucha la perruque qu'elle portait sur la tête, la retira et la porta devant ses yeux hagards. C'était la toute première fois qu'elle voyait sa tante dans cet état. "Excuse-moi, ma tante, c'est... c'est-à-dire que .. Prise de panique, elle ne pouvait pas expliquer à sa tante qu'une fille était restée avec par oubli. Enivrée, comme elle l'était, par la magie de la danse, elle ne s'était pas rappelée de reprendre la perruque de sa tante." Tu sors maintenant et tu vas vite chercher ma perruque. Si non, tu n'entreras plus dans cette maison." lui cria-t-elle. Sa fille voulut l'accompagner, mais la mère la stoppa net. " Et toi là-bas, tu reviens ici tout de suite et tu vas dormir. Lorsqu'elle osa protester, sa mère l'empoigna par le bras et la poussa d'autorité vers sa chambre.

    Prise de panique, Ndaya sortit de la maison et s'enfonca dans l'obscurité de la nuit. Dans ses pensées, elle voulait corriger son erreur, c'est-à-dire retrouver la perruque, la remettre à sa tante et enfin se jeter sur le lit qu'elle partageait avec sa cousine pour dormir. Elle allait rapidement sur une route déserte à cette heure de la nuit, se maudissant d'avoir commis un oubli aussi grossier et maudissant, par la même occasion, son cavalier d'un soir qui lui avait fait connaître la magie du slow. source de ses malheurs. Et si la fille était déjà partie, elle aussi? se dit-elle. Oh mon Dieu, quelle catastrophe! Elle chassa cette idée de sa tête. Il allait bientôt arriver à la salle, trouver la fille et récupérer la perruque. Les choses devaient se passer ainsi. Pas de si. Mais pendant que Ndaya était prise dans ses pensées, elle ne remarqua pas tout de suite la fourgonnette qui venait de la dépasser et s'arrêter un peu plus loin. Ce ne fut que lorsqu'elle aperçut quatre policiers venir à sa rencontre qu'elle réalisa ce qui allait se passer. Elle voulut courir, mais il était trop tard. Ils s'emparèrent d'elle, deux de chaque côté, la jetèrent à l'arrière de la fourgonnette et puis sautèrent dedans après elle. Le véhicule démarra en trombe. (A suivre)

    Lumbamba Kanyiki

  • Le voyant et le non-voyant

    Il était une fois...

    Le voyant et le non-voyant qui étaient des grands amis s'en allaient en voyage à pied. Un très long voyage. Ils arrivèrent à un cours d'eau et voulurent faire une petite pause, question de prendre une collation, se désaltérer et récupérer un peu d'énergie. Pendant qu'ils se reposaient, les deux voulurent se laver. Alors, le voyant dit à son ami:

    - Cher ami, tu peux aller te laver en amont; moi, je resterai me laver ici sur place.

    Le non-voyant qui ne trouvait pas d'inconvénient à la proposition de son ami, s'en alla se laver en amont. Aussitôt qu'il avait disparu de sa vue, le voyant ouvrit le sac de voyage de son ami et soutira furtivement le meilleur costume du non-voyant. Lorsque ce dernier rentra, il ouvrit son sac afin de prendre la lotion pour le corps. C'est en ce moment qu'il remarqua la disparition de son costume.

    Quelques instants plus tard, le voyant demanda au non-voyant:

    - Bantu badia pamue, banua pamue; aba bantu badi mua kutanda anyi? Est-ce que les gens qui mangent ensemble et qui boivent ensemble peuvent se chamailler?

    Alors, le non-voyant lui répondit:

    - Eyowa badi mua kutanda bu muwakuenza amu. Exactement, ils peuvent se chamailler à cause de ce que tu as fait là.

    Et il continua à appliquer la lotion sur le corps. Au bout de quelques minutes, le voyant rampant sans bruit, remit le costume du non-voyant dans son sac et renouvela sa question:

    - Mpofo'etu, meme tshivua mumvue bimpe, muena dianyi. Bantu badia pamue, banua pamue, aba bantu badi mua kutanda anyi? Mon cher ami, non-voyant, je n'avais pas bien entendu ta réponse. Les gens qui mangent ensemble et qui boivent ensemble. Est-ce que de telles personnes peuvent se chamailler?

    Le non-voyant resta un moment silencieux puis lui répondit: Eyowa kabena mua kutanda bu muwakuenza amu. Sûrement, ils ne peuvent pas se chamailler comme tu viens de le faire.

    Moralité: Kudi kabende kudi diyoyo. Il faut vous contenter de ce que vous avez et ne pas envier ce que les autres possèdent.

    C'était le conte tel qu'il m'a été raconté par Kulusutu.

    Lumbamba Kanyiki

  • Que retenir de la première comparution de Ntaganda à la CPI ?

    Bosco Ntaganda cpiBosco Ntaganda cpi

    Il s'est présenté comme prévu devant les juges de la CPI pour vérification d'identité et le choix de sa langue de communication. Monsieur Ntaganda, ancien chef rebelle qui a semé la mort et la désolation à l'Est de la RDC a confirmé les données que détient la CPI sur son identité: Il est né au Rwanda de père et de mère rwandais, mais il soutient être Congolais. Par quelle magie? On ne sait pas. Il a choisi de se défendre en Kinya Rwanda. Est-ce que cette langue figure parmi les langues parlées en RDC?

    Ntaganda est entré en RDC à l'entrée de l'AFDL de Laurent Désiré Kabila comme beaucoup d'autres en 1996. A l'époque, il avait dix-sept ans. Il fait donc partie de tous ces Rwandais qui ont refusé de rentrer chez eux lorsque le feu Kabila les avait remerciés en 1998 et leur avait demandé de retourner chez eux. Il ne peut donc pas prouver sa nationalité congolaise. L'évidence saute aux yeux de n'importe qui s'intéresse au dossier de l'insécurité à l'Est de la RDC. Celle-ci est l'oeuvre de cette bande de Rwandais qui sont venus avec le feu Kabila et qui voulaient occuper le Congo pour en faire leur propriété.

    Ntaganda, Rwandais de naissance, s'est retrouvé dans l'armée congolaise avec le grade de général nommé par Kabila. Lui-même Kabila est un Rwandais amené par le vieux Kabila dans ses bagages. A 29 ans, il était déjà général Major ! Ceci sert donc à comprendre cela. Aujourd'hui, tous ces criminels et prédateurs contrôlent toutes les institutions de la république et souhaitent que le désordre perdure encore des années jusqu'à obtenir ce qu'ils veulent obtenir à tout prix: La balkanisation de la RDC. Avant le début de la "rébellion du M23, tout l'Est de la RDC était entre les mains des officiers rwandais: Makenga, colonel, dans le Sud-Kivu. Ntaganda, général, dans le Nord-Kivu et certains autres colonels ou majors dans les différentes sous-régions et territoires de la RDC. Le Katanga et les deux Kasai sont aussi contrôlés militairement par des généraux rwandais.

    Ntaganda clame son innocence

    Bien que la première audience ne traitait pas des Charges qui pèsent contre lui, Ntaganda a préféré déjà annoncer les couleurs. Il rejette en bloc toutes les accusations des crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Nous ne serons pas surpris dans les jours à venir d'entendre les déclarations selon lesquelles il ne serait pas coupable parce qu'il exécutait en tant que militaire les ordres qu'il recevait de Kabila et de Kagame. D'où il serait innocent et demanderait d'être relaxé.

    Les Congolais doivent encore faire beaucoup de pressions pour que les Rwandais du M23 soient neutralisés et retournés chez eux au Rwanda. Le combat de la libération du Congo doit continuer jusqu'à ce que Kabila et ses criminels retournent d'où ils sont venus. La paix en RDC est à ce prix.

    Lumbamba Kanyiki

  • Les rebelles de la seleka entrent dans Bangui, le président Bozize en fuite

    Vue aérienne de BanguiVue aérienne de Bangui
    Les événements se sont précipités en Bangui. Les rebelles de la Seleka sont entrés ce matin dans la ville après une faible résistance de la part du dernier carré des soldats fidèles au président Bozize. Ils se sont emparés du palais présidentiel, mais Bozize l'avait déjà deserté pour une destination inconnue. Certains pensent qu'il se serait réfugié en République Démocratique du Congo. Les forces françaises ayant reçu des renforts hier sécurisent l'aéroport de Bangui Mpoko. Le gouvernement français a demandé à ses ressortissants de rester chez eux en suivant attentivement la suite des événements.

    Hier encore, le premier ministre du gouvernement d'union nationale, Nicolas Tiangaye avait appelé "ses frères" de la Seleka à se mettre en contact avec le gouvernement pour trouver des solutions pacifiques à leurs problèmes et éviter un bain de sang dans Bangui. Mais cet appel n'a pas été suivi. Les Centrafricains pensent que si les choses se sont accélérées à cette allure, c'est puisque François Hollande et les chefs d'Etats de la région ont lâché Bozize.

    Lumbamba Kanyiki

  • Aveu d'impuissance: le gouvernement congolais se dit vouloir aider la CPI à arrêter les auteurs des crimes au Nord-Kivu

    MendeMende

    Selon le porte-parole du gouvernement de Kabila, le vuvuzélateur Mende,dans sa sortie médiatique de ce jour sur radio okapi, le gouvernement congolais se dit prêt à aider la CPI à arrêter les auteurs des crimes au Nord-Kivu. Cette déclaration est un aveu d'impuissance du gouvernement congolais à poursuivre les criminels et autres hors-la-loi qui opèrent allègrement à l'Est de la RDC.

    L'insécurité à l'Est de la RDC dure depuis que Laurent Désiré Kabila à la tête de l'AFDL et ses Rwandais ont envahi et occupé la RDC. Kabila Kanambe n'a fait aucun effort pour rétablir l'autorité de l'Etat dans cette partie du pays. Par contre, toutes les sous-régions et territoires, de la province orientale jusqu'au nord du Katanga, étaient entre les mains des officiers rwandais qui faisaient la loi comme ils voulaient. La balkanisation que les Congolais redoutent tant était déjà effective sans que personne ait levé un petit doigt pour réagir. Des fois, les Congolais ne comprennent rien lorsque, dans leurs revendications, ces rebelles rwandais se disent oubliés par le gouvernement de Kinshasa et qu'ils ne sont pas assez représentés dans les institutions du pays alors qu'ils sont partout plus majoritaires que les autres Congolais.

    L'oppsosition congolaise comme la plupart des Congolais reprochent à Kabila le manque de leadership responsable pour rétablir un état de droit en RDC. Paul Kagame le dit régulièrement dans chacune de ses sorties médiatiques. Et c'est même la raison pour laquelle il continue ses aventures dans la déstabilisation de la RDC dans le but de rattacher le Kivu au Rwanda. Kabila est incapable de rétablir la sécurité et la paix sur toute l'étendue de la RDC comme il était incapable de livrer son compatriote Ntaganda (oui, tous les deux étant Rwandais) à la CPI. Il trouve facile de jouer au souffleur dans une pièce de théâtre où il est attendu comme acteur principal!

    Il est grand temps que Kabila et toute sa bande de prédateurs avouent, tout haut, leur impuissance à relever les défis de redresser le pays et le mettre sur l'orbite du développement. Les déclarations comme celle que nous venons de lire sur radio okapi consituent une sorte d'aveu d'ignorance, d'incapacité, d'impuissance, qui caractérise le gouvernement actuel. Il doit laisser les pas au président Etienne Tshisekedi, élu par le peuple congolais aux élections de novembre 2011.

    Lumbamba Kanyiki

  • Le criminel Ntaganda vient d'arriver à la Haye

    transfèrement de Ntagandatransfèrement de Ntaganda

    Le rwandais Bosco Ntaganda, criminel de guerre, embarqué ce vendredi à Kigali pour la CPI à la Haye, vient d'arriver à la prison des criminels de guerre où il va passer sa première nuit. Il y a été conduit directement à sa descente d'avion à l'aéroport de Rotterdam par un dispositif important des policiers anti-gangs.

    La première comparution de Ntaganda devant le juge de la CPI aura lieu le mardi, 26.03.2013. Lors de cette comparution, le juge procédera à la vérification de son identité et lui signifiera, par la même occasion, les charges qui pèsent sur lui. Il choisira enfin la langue dans laquelle il voudra se défendre. Ce matin, monsieur Ntaganda va retrouver son ancien chef Thomas Lubanga, qui, lui, a été condamné à 14 ans de prison ferme pour avoir recruté dans sa milice des enfants soldats à l'Est de la RDC entre 2002 et 2003.

    Bosco Ntaganda, citoyen rwandais, ex garde du corps, seigneur de guerre, nommé général des FARDC par Kabila, s'était rendu à l'ambassade américaine dans des conditions non encore élucidées le 18 mars 2013 pour solliciter son transfèrement à la CPI. Il y est poursuivi pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis entre 2002 et 2003 à l'Est de la RDC.

    La reddition et le transfèrement à la CPI de Bosco Ntaganda ont été salués avec satisfaction par l'ensemble des Congolais souffrant dans leurs coeurs et leurs âmes des atrocités que ce criminel, aux ordres de Kagame, a infligées aux populations paisibles du Congo sur le sol de leurs ancêtres. Ils espèrent qu'un grand déballage ait lieu au cours de ce procès devant la cour pénale internationale.

    Lumbamba Kanyiki

  • Ntaganda aurait échappé au commando de la mort lancé par le service des renseignements militaires rwandais

    Bosco NtagandaBosco Ntaganda

    Le feuilleton Bosco Ntaganda fera encore couler beaucoup d'encre tant que les circonstances de cette reddition restent entourées de beaucoup de zones d'ombre. Selon afroamerica network dans sa publication du 19 mars 2013, le seigneur de guerre Ntaganda qui s'est rendu à l'ambassade américaine à Kigali pour y solliciter son transfèrement à la CPI, aurait échappé au commando du service des renseignements militaires lancé à ses trousses par Kagame.

    La décision de mise à mort physique de Ntaganda aurait été prise dans le grand secret et confiée à ce service après l'échec de la tentative d'assassinat de Sultani Makenga par Ntaganda au mois de février de cette année. Kagame qui ne voulait nullement que Ntaganda fût arrêté et livré à la cour pénale internationale aurait pris cette décision pour l'empêcher de livrer des secrets sur la sécurité du Rwanda et sur l'exploitation et le pillage illégal des ressources minières de la RDC.

    Ntaganda aurait été informé par un des membres de ce commando fin février. Pour sauver sa peau, il aurait d'abord décidé d'atteindre Katoyi dans le Masisi. Pour cela, il aurait d'abord tenté, sans succès, de négocier avec les FDLR qui occupent les positions entre Kibumba et Katoyi afin d'obtenir un passage sécurisé. Il leur aurait même proposé 150000 Dollars, mais ceux-ci auraient décliné l'offre.

    Ayant suivi les conseils de ses proches, Ntaganda aurait semé la diversion au sein du service des renseignements militaires rwandais en leur faisant croire qu'il cherchait à atteindre Katoyi dans le Masisi en négociant avec les dirigeants de FDLR pendant qu'il traversait la frontière rwandaise pour se rendre à l'ambassade américaine. Ntaganda aurait atteint l'ambassade grâce au réseau des gens de sa tribu qui l'auraient pris en charge jusqu'à atteindre l'ambassade américaine où il était sûr d'être protégé et conduit à la Haye. Car, selon les mêmes sources, l'ambassade américaine aurait été choisie plutôt que d'autres parce que Kagame ne peut pas obliger les Américains à lui livrer Ntaganda entre ses mains.

    Si cette version est vraie, c'est donc avec la mort dans l'âme que Kagame collabore avec les Américains au transfèrement à la Haye de son ancien homme de main. Mais ce qui est sûr, c'est que, si Ntaganda se met à parler, beaucoup d'hommes politiques dont Kagame, Kabila et voire beaucoup d'intouchables exploitant illégalement les ressources minières de la RDC trembleront.

    Lumbamba Kanyiki

  • L'homme et le boa

    Il était une fois...

    L'homme et le boa étaient des très bons amis. Un jour, le boa organisa une grande fête et invita son ami, l'homme.

    - Wewe Muntu ulue muanyi, bualu meme, ndi musue kusanka ne muena dianyi. (Je t'invite à ma fête, car j'aimerais me réjouir avec toi, mon meilleur ami).

    L'homme laissa femme et enfants et se rendit répondre à l'invitation du boa. Effectivement, c'était une grande fête qui dura toute la journée. Comme La nuit avait fini par couvrir tout le village de son manteau sombre, l'homme, qui voulait se reposer, s'adressa à son ami:

    - Moma wetu muena dianyi, pantu naya kua muena dianyi, meme ntu naladila munda, bualu munda muanyi muntu naya kudila bidibua ( Mon cher ami, boa, lorsque moi, je me rends chez mes amis, j'ai toujours préféré dormir dans le ventre, car c'est là que j'ai toujours choisi de prendre mes repas.

    Sans discussion, le boa lui ouvrit le ventre et l'homme y entra. " ukuata ku mafuta, wanyisha buimpe bua moma !", Il se délecta des graisses dans le ventre du boa, se réjouissant de l'hospitalité de son ami. Le lendemain matin, il en sortit et rentra chez lui.

    Après des jours et des semaines, l'homme organisa, à son tour, une grande fête et voulut y associer son ami, le boa.

    - Wewe moma ulue muanyi, bualu meme ndi musue kusanka ne muena dianyi. (Viens chez moi, grand ami, parce que j'aimerais me réjouir avec toi).

    Le boa laissa femme et enfants et se rendit chez son ami, l'homme. La fête était magnifique. Tard dans la soirée, le boa s'adressa à l'homme: Muntu'etu muena dianyi, pantu meme naya kua muena dianyi, muan'a tatu, meme ntu na ladila munda, bualu munda muanyi muntu naya kudia bidibua. (Mon cher ami, lorsque je me rends chez mes amis, j'ai toujours passé nuit dans leurs ventres. Car, c'est là que j'ai toujours pris mes repas).

    L'homme, étonné et désorienté, commença à se plaindre à tout celui qui voulait l'entendre: "Katshia ngenda, katshia ngenda, bana ba tatu, tshitu muanji kumona nyoka mulale munda mua muntu, ebu bualu mbua bipia bantu ba baba" (Depuis que le monde est monde, je n'ai jamais vu un serpent dormir dans le ventre d'un homme. Ça, c'est tout simplement inconcevable).

    Alors, le boa ayant perdu patience, usa de toute sa force pour s'introduire dans le ventre de son ami, qui se mit à pleurer.

    - Mes chers amis, comment pouvez-vous me laisser avec un serpent qui s'entroduit en moi par force?

    Mais personne ne vint à son secours si bien que son calvaire dura jusqu'au grand matin.

    Moralité: Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse.

    Lumbamba Kanyiki

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